Alors heu comment dire... heu...

Oui, revendiquer ses droits, défendre ses acquis, c'est bien. Moi aussi, le régime de Sarko m'emmerde. (En même temps, il y en a bien eu des cons pour voter pour lui non?)
Non je ne manifeste pas, je n'en ai pas les moyens, tant mieux si certains peuvent le faire et tant pis pour moi.
Je m'adapte, chaque fois que la crèche ou l'école ferment (une semaine à peine après la rentrée par exemple). Je prends mon gosse avec moi au bureau, et fait garder ma fille par qui pourra (et les grévistes qui s'inquiètent tant de l'avenir de nos mioches et tout et tout, ils s'en foutent pas mal des conditions d'accueil des gamins ces jours là). Je me tape les bouchons aux rond-points, pour recevoir un énième tract où je pourrais y lire des revendications utopiques écrites par des profs (qui s'y connaissent en matière de travail, c'est bien connu).
Je gère tout ça sans trop râler même, parce que je peux comprendre.
Je ne me plaints pas des jours de congés perdus, des horaires aménagés tant bien que mal pour jongler entre les revendications et les emplois du temps de ces chers fonctionnaires bien pensants.

Mais aujourd'hui, c'est la goute d'eau.

Alors qu'obtenir une échographie dans cette ville est un véritable parcours du combattant, que je n'ai même pas pu l'avoir avec mon médecin et qu'encore semble-t-il, je doive m'estimer heureuse de ne pas devoir me rendre à 60 bornes de là (ce qui est le cas de bien d'autres femmes enceintes ici), et je ne vais même pas parler de l'heure à la con du rdv qui n'a rien de compatible avec celles de mon bureau, du job de mon homme ou encore de la garde de mes gosses; on m'annonce que mon rdv est annulé pour cause de grève. Et quand je signifie poliment mon mécontentement, en gardant mon calme (ce qui est une épreuve de force là tout de suite) on me répond "Oh mais encore on vous a prévenue, c'est déjà bien..." Là très franchement, je commence à être en colère.

Cette écho, cela fait des semaines que je l'espère, que je la redoute.
Je ne te raconte pas l'organisation de fou pour que mon homme puisse y assister avec moi.Tout cela pour rien.
Et encore je devrais en être contente, limite reconnaissante.

Merci Madame, Au revoir Madame.