Enfin cela dépend.
Si je devais revenir sur les vacances de Pâques par exemple, je t'argumenterai que les vacances scolaires sont plus proches du bagne que des doux moments familiaux. A savoir que la maman géniale que je suis (comme tu peux le constater j'aime assez me balancer des fleurs, c'est bon pour le moral, pour l'égo également) a eu la grandiose idée de proposer à la Guerrière d'échanger sa sucette/tétine/teuteute (appelle cela comme tu veux) contre du chocolat.
La gourmande a évidemment accepté le marché du lapin de Pâques, tu penses bien. C'est donc le sourire au lèvres qu'elle a déposé sa précieuse compagne nocturne un soir d'avril, dans l'espoir de trouver au matin une véritable montagne chocolatée.

Sauf que... la charmante demoiselle, ayant compris l'arnaque une fois bordée, s'est métamorphosée en Mandragora Autumnalis*.
Toi qui commence a connaître la Guerrière, tu sais de plus qu'elle est au moins aussi têtue que sa madre, et donc qu'elle n'avait pas l'intention de lâcher l'affaire aussi facilement. Aussi a-t-elle résisté (à grands cris/pleurs) jusqu'à trois heures du mat.
Nous avons tout essayé, la douceur, la fermeté et même la corruption, rien à faire.
Mais comme céder aurait été un coup à la retrouver encore accrochée à sa sucette à 18 ans (de peur de la perdre une nouvelle fois) nous avons tenu bon.
Imagine donc la suite: plus de sieste (unique moment de répit parental) pour la demoiselle qui dès son petit derrière posé dans son lit devenait infecte. Plus de sieste non plus (ou difficilement) pour le Petit Biscuit dont la chambre jouxte celle de sa bruyante frangine. Des soirées à se taper la tête contre les murs tant il était difficile de coucher la bête et la maintenir au lit.
Des nuits difficiles, des journées ponctuées de crises de nerf/fatigue de la pestouille à qui il manquait une bonne dose de sommeil. Et ceci a duré...toutes les vacances. C'est même devenu un art de vivre d'être infernale au moment du coucher, art de vivre qui perdure encore aujourd'hui (avec certes un chouïa moins d'intensité), quelques trois mois plus tard.

Je crois qu'il n'est pas utile de te dire combien je me suis maudite d'avoir pourri la vie de tout le monde à la maison avec mes grandes idées, mais surtout, surtout, je m'en suis voulue d'avoir poussé ma puce à un acte pour lequel elle n'était pas encore prête. Parce qu'elle avait beau être à étriper monstrueusement pénible, son comportement n'était que le reflet de son mal-être.

Tu comprends donc que j'ai vu ces vacances d'été approcher avec un peu d'appréhension.
Finalement cela se passe plutôt bien, c'est même assez tranquille, ma maman (à qui je souhaite d'ailleurs un joyeux anniversaire) ayant accepté de garder les mômes à la maison un jour sur deux, octroyant par là même à l'Homme et moi un surplus de sommeil et beaucoup moins de trajets, car pas d'enfants à déposer à droite à gauche.
Pis je vais te dire, c'est même carrément sympa de me retrouver seule en voiture, je peux me permettre des choses que je m'interdis lorsque ma progéniture siège à l'arrière. Écouter par exemple MA musique à donf, du truc très gnangne qui ferait râler, limite avoir la nausée à mes mini-passagers à des titres un peu beaucoup plus hard dont la grossiereté parfois, mais plus souvent la tournure des phrases ne me semble pas écoutable pour des marmots.
Je te rassure, je ne leur passe pas du Henri Des hein, ils sont plutôt friands de Fersen, Barcella et autres chanteurs "à textes" que j'aime aussi, mais après avoir écouté 349 fois à la suite Zaza ou Hyacinthe je saturais un peu. Je voulais du Gnarls Barkley, de l'Aerosmith,de l'Alanis Morisette et du Saez (pis un peu de Chris de Burg aussi... mais j'assume!) à m'en faire vibrer les tympans. Et les cordes vocales aussi, parce que ce qu'il y a de bien lorsque je suis seule en voiture, c'est que je peux chanter brailler à en exploser les vitres, personne ne s'en plaind car personne ne m'entend.

Le hic, c'est que si personne ne m'entend, il y en a quand même quelques uns qui m'ont captée, à fond dans mon trip "les gens parlent mal, les gens sont cons au moins tout aussi cons que moi à se faire mettre" etc... etc... bref tu connais la suite.
Roooo et puis merde hein! J'ai continué de chanter, parce que de toute façon, le volant était trop petit pour me cacher.

 

*cf. la Saga Harry Potter: la racine de la mandragore a l'apparence d'un bébé qui pleure, et dont le cri est néfaste à l'humain, pouvant, dans le cas des jeunes pousses, l'étourdir voire le rendre inconscient pendant quelques heures.