La Guerrière n'est pas tout à fait dans son assiette depuis la rentrée.
C'est un peu notre faute je crois: nous avons changé les deux grands d'école. Et si pour son frère le changement a été radicalement bénéfique, il est beaucoup plus difficile à admettre pour ma sucrette.

Si j'ai compris il y a quelques années que culpabiliser ne ferait pas avancer l'affaire, j'ai tout de même un pincement au coeur chaque fois que je vais la chercher et la retrouve un peu paumée dans la cour de récré malgré le mois qui s'est écoulé.
Évidemment son comportement à la maison s'en est trouvé modifié: son sommeil est (encore plus) perturbé, elle se déstabilise facilement, elle est plus câline, collante même. Très, trop. Et elle parle, elle piaille tout le temps, sans pause, c'est à peine si elle prend le temps de respirer. C'est véritablement usant.

Il y a quelques jours, perchée sur Cheval*, elle vient se poster à 2,5cm de son paternel lui répétant inlassablement qu'aujourd'hui elle a mis ses chaussettes violettes et que le violet c'est SA couleur préférée et qu'en plus et bien c'est justement la couleur de ses chaussettes ce jour là et que c'est une très zolie couleur et que etc etc tu as compris le schéma sans fin de la discussion.
L'Homme bien sur, au bout de 4/5 minutes de piaillage intensif, n'en pouvant plus, finit par lui demander de le laisser souffler un peu et laissa la demoiselle en plan (bouuuuh méchant!).

Voyant la mine désespérée de ma puce, ses grands yeux proches des larmes, je l'invite à me rejoindre pour un gros câlin, lui demandant par la même occasion de me montrer ses chaussettes. Le visage réjoui et chevauchant son fidèle destrier, elle se précipita vers moi (oubliant même son histoire de chaussettes violettes) et se blottit dans mes bras.
Tu penses bien que je les savoure les câlins de ma Guerrière, que j'en profite sans scrupule. Très. Trop visiblement:

"Hum maman laisse-moi s'il te plait, zai besoin d'air." me lâche l'ingrate en s'éloignant sans même un regard.

ne pas l'étrangler - ne pas l'étrangler - ne pas l'étrangler - ne pas l'étrangler - ne pas l'étrangler

 

*Cheval c'est mon ancien cheval à bascule/roulettes. Un vieillard de presque 30 ans qui, sa carcasse bleue visible pour avoir perdu sa fourrure les années passant, tenait plus du dinosaure que de l'équidé. Bien qu'il ait eu son petit côté pratique ainsi ("les enfants soyez sages ou ce soir vous dormirez avec Cheval!") je l'ai restauré dernièrement et, arborant une toute nouvelle fourrure beige et de jolis rubans, il fut immédiatement adopté.