La fête foraine en ville c'est l'événement de l'automne.
Dans ma jeunesse (oui, mes quatorze ans commencent à sérieusement s'éloigner) l'endroit le plus populaire était les autotamponneuses: pas franchement bien fréquentées, pas vraiment par des mômes de quatorze ans d'ailleurs. Aujourd'hui l'attraction est bien souvent déserte, reclassée au même titre de ringardise que les cabines "cinéma 6D".

RIP attraction de mon adolescence.

De toute façon j'ai rangé mes jeans troués et mes T-shirt délavés au placard (oué j'étais trop une rebelle-de-la-vie), la fête foraine pour moi a pris des allures de pêche aux canards, de peluches/ficelles et de manèges circulaires (Hiha!). Les petits manèges... ils furent pour ma Guerrière tout simplement terrifiants. Autant elle te terrasse un dragon à mains nues, autant la petite montée/descente qui vient inlassablement animer le circuit lui apparut comme insurmontable. C'en était trop pour ses nerfs. Tout comme le train fantôme a terrorisé mon Grand qui en est ressorti en larmes.
'sont courageux mes enfants n'est-ce pas?

La vogue (c'est comme cela que l'on appelle la fête foraine chez moi), c'est aussi l'endroit où tu es certain de croiser toutes tes connaissances (même celles dont tu te passerais bien, auquel cas tu peux toujours feindre de les ignorer, mais cela n'est pas très gentil tu en conviendras). Heureusement il y a ceux que tu prends plaisir à revoir, mon Grand y a d'ailleurs retrouvé son grand copain qui lui manquait sérieusement depuis le changement d'école. Amis depuis la première année de maternelle, la séparation a forcément été difficile à encaisser, c'était d'ailleurs un des éléments qui nous a longuement fait hésiter: le laisser dans une grande structure, urbaine, avec tout ce que cela a de bon (des copains qui le suivent toute sa scolarité, de l'autonomie) et de mauvais (un corps enseignant dépassé, la petite délinquance etc) ou le placer dans une structure de village, plus modeste (moins d'élèves, plus de suivi mais quelques retards dans la pédagogie). Après avoir récupéré deux semaines de suite mon gamin bien amoché à l'école, décision fut prise: on change.

Et on a changé.
Ce fut un crève-coeur de le laisser en terre inconnue le jour de la rentrée, mais une joie de le voir intégré à peine la première demi-journée passée. Sa nouvelle école a pris le parti de baser son programme sur la découverte de la nature (évidemment cela me plaît!) ce qui colle tout à fait avec le cadre campagnard. Les cours ont commencé par une semaine plein-air à créer des affinités, des complicités tout en découvrant notre région volcanique. Un lien avec le rural et les traditions du coin est cultivé les semaines, les mois passant: à l'école on parle bestioles, champignons, on en apporte aussi, pour observer, toucher, goûter lorsque c'est possible. "Rural"... c'est presque un peu léger comme terme, "rustique" serait sans doute plus approprié alors que certains camarades de classe emmènent tout naturellement des pattes de sanglier à l'école.