Les merdaillons (tu me pardonneras l'expression, je viens de la découvrir et je l'aime déjà beaucoup) ont cette capacité à constamment tester les limites. Enfin... constamment... pas vraiment en fait: l'enfant a le sadisme de te faire croire que tu as gagné la bataille et qu'il est désormais bien disposé à respecter la ligne à ne pas franchir et alors que tu relâches ton attention, bam! Il saute à pieds joints de l'autre côté... Tout est à recommencer.
Et ce quel que soit son âge. Tout du moins jusqu'à 8 ans: mon expérience se limitant à l'age de mon plus Grand, pour le reste je fais appel à ce dont je me rappelle de ma propre enfance, et cela promet (hélas) de beaux jours.

Le moutard (j'en ai plein des comme ça en fait: le lardon, le marmouset, le trousse-pet, le chérubin, le chiard selon le contexte) profite généralement du moment où tu es trop éloigné pour enrayer son action.
Son regard habituellement si doux prend alors une lueur méphistophélique.
Tu te figes. Le verre est là, à quelques centimètre de la main hésitante du démon.
Tu le regardes, il te regarde, tu le regardes encore, il regarde le verre, il te regarde, tu regardes le verre, il te regarde toujours, tu le regardes, il esquisse un sourire, tu bondis pour le stopper.
En vain.
Le verre vole en éclat contre le carrelage.

Le Petit Biscuit généralement (oui ce type de provocation est une habitude chez lui), décide à ce moment là qu'il est grand temps de prendre ses jambes à son cou et s'enfuit dans un rire mêlé d'excitation et de la peur de se faire attraper.

Quant à moi, une fois le malin puni au coin, je ramasse les débris en ruminant et revoyant à l'humeur le surnom du petit merdeux qui passe alors du "Petit Lu" habituel à un "Lulucifer" bien plus de circonstances.