J'aime beaucoup la politique devoirs-maison de l'école de mon fils, à savoir qu'il a très peu de devoirs écrits mais beaucoup de lecture et leçons.
Admettons, en début d'année il a eu quelques réticences à apprendre ses poésies, mais le rodage effectué il est a présent plutôt efficace. Lors des récitations à la maison, je ne laisse passer aucune erreur, ni d'intonnation ni de mémorisation, il le sait et s'applique.

Hier je chipottais sur sa prononciation, son manque d'articulation de certains mots récités à la va vite (et vas-y que je te bacle tout ça en 30 secondes...):

" Allé tu recommences en ar-ti-cu-lant s'il te plaît.
- (soupire, grattement de gorge, voix appliquée) Quand on a sept ans, on atteint dit-on l'aaaage de raison... Hé mais d'abord, tu les connais toi tes leçons? Passe-moi ta fiche je vais vérifier... "

Je l'ai laissé faire, il connaissait de toute façon sa poésie par coeur et j'aime voir son comportement lorsque l'on échange les rôles: c'est avec un grand sérieux qu'il m'a fait réciter mes définitions savantes, prenant un plaisir clairement affiché à me réprimander en cas d'erreur.
J'eu bien du mal à ne pas sourire face à son petit air sévère. Le même air que sa soeur et lui affichaient un jour où, assise en tailleur sur ma chaise, je me suis laissée envoyer au coin pour mauvaise tenue à table. La surprise de tenir le rôle éducatif a très vite laissé place à un certain sadisme récréatif. Cris de joie et rires surexités venaient ponctuer des ordes qui habituellement sortaient de ma bouche:

"Tiens-toi droite!
- z'ai dit les mains dans le dos!"

Ils sont rapidement devenus ingérables, sautillant sur place à chaque fois que, jouant le jeu de l'enfant pas sage, je leur donnais l'occasion de me réprimander.
J'usais et abusais de leur technique habituelle pour sortir du piquet ou rendre la punition supportable, me tortillant, jouant avec une miette de pain atterrie à mes pieds et demandant "pardoooooooooooooooooooon" à outrance et eux usaient et abusaient de leur tout nouveau et grisant pouvoir sur moi:

" Non non et non, tu resteras au coin jusqu'à ce que tu sois sage!
- Hihihihi! elle va y rester longtemps!!
- Oué... on ne la laissera pas sortir du piquet!
- Oué, tu vas pas sortireuuuu!!"

C'est resté un souvenir mémorable pour eux, ils en reparlent régulièrement, sourire aux lèvres et fierté dans la voix. Il semblerait que l'un comme l'autre ait eu quelques rancoeurs à extérioriser!