Oui tu as bien lu cher lecteur, je vais te parler de Ma Grosse.

Ma Grosse tout court, pas besoin de chercher à lire plus loin.
A savoir que Ma Grosse n'est pas un petit surnom que j'aurai donné à une éventuelle partie de mon anatomie ou celle de mon Homme (tu es quand même un peu pervers, ami lecteur, d'avoir pensé à ce genre de truc en lisant le titre de cet article).

Ma Grosse est donc l'adorable surnom dont j'ai affublée ma belle-sœur pendant sa grossesse. Oh ne t'inquiète pas, elle me rend très bien la politesse.
Notons que l'on se connait depuis presque toujours elle et moi, et les petits sobriquets ne nous effraient plus depuis qu'âgée de cinq ans, je suis allée sonner à sa porte en écorchant son prénom alors que je l'invitais à venir patin-à-rouletter avec moi dans le quartier. Ce jour là marqua le début d'une grande amitié qui selon le moment, peut se changer en véritable guerre des tranchées.
Effectivement, Ma Grosse et moi avons l'engueulade facile. Déjà petites, nous jouions d'insultes et autres mots doux lorsque nous étions en désaccord (oui, nous causions déjà comme des charretières), pour finir quelques heures plus tard par nous réconcilier en trainant nos savates sur le bitume de notre rue.

Mais c'est de sa faute: elle a aussi mauvais caractère que moi.

Avec Ma Grosse, cela fait donc 22 ans et des poussières que l'on s'aime (et là, je la vois déjà avec sa larme à l'œil de lire ces mots là parce que je ne suis pas fichue de les lui prononcer, prends un mouchoir belle-sœur, ça va aller, tu vas t'en remettre), je disais donc 22 ans que l'on s'aime, se déteste, s'aime, se déteste, s'aime etc...
Et d'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours été amoureuse de son frangin, notons d'ailleurs le pratique de la chose: quand ta meilleure copine et ton namoureux crèchent sous le même toi, c'est bien arrangeant.
Nous avons fait les 400 coups tous les quatre (mon frère étant également de la partie) et usé le bitume de la rue à grand coup de patins à roulettes, ça pour sur, nous étions championnes en la matière, à se demander d'ailleurs comment l'une de nous n'a pas fini sur le capot d'une voiture tellement nous filions comme des dératées.
Hélas son déménagement d'abord, le mien ensuite nous ont fait nous perdre de vue quelques temps.
En retrouvant son frère (et plus puisqu'affinités), j'ai retrouvé, comme scotchée à une de ses jambes, ma meilleure cops' par la même occasion. Et c'est assez chouette de se rendre compte que rien n'a changé: on s'aime, on se déteste, on s'aime etc... au passage on revisite les 400 coups que l'on peut faire: glousser comme des courges à l'église, picoler et fumer à ne plus y voir clair (à noter d'ailleurs que si fumer fut somme toute très passager, la picole, on pratique toujours, enfin... quand on est un peu moins rondes du nombril) etc etc, et même supporter (non sans mal) le goût prononcé de nos hommes pour un certain jeu de foot qui commence par P et fini par ES mais que je ne nommerai point. On a chacune fait des gosses aussi, et c'est là que je voulais en venir, parce que Ma Grosse en réalité, je ne vais plus pouvoir la nommer ainsi: son petit bonhomme est né le 9 février, je suis donc par déduction à ce jour bien plus grosse qu'elle.

Et je tenais à lui tirer mon chapeau à Ma Grosse ma belle-sœur chérie, parce qu'elle en a bavé pour nous pondre ce joli petit poussin. Si tu es un homme, ne cherches pas, tu ne peux pas comprendre, mais si tu es une femme et qu'en plus ton utérus a déjà été habité tu sais combien le mot "délivrance" prend tout son sens le moment venu. Encore que tout bien réfléchi, moi non plus je n'en sais rien, je ne fonctionne pas tout à fait de la même façon: je fréquente plus le bloc opératoire que la salle des naissances, ce qui n'est pas franchement non plus une partie de plaisir mais là n'est pas le sujet.
Bref, je sais malgré tout ce qu'est une contraction, une vraie, de celle qui te font oublier les putains de gentils conseils de la sage-femme au cours de préparation à l'accouchement, je sais ce qu'est une nuit de travail et quand je pense à ce que Ma Grosse ma belle-sœur chérie (pfiouuu ça va être dur de s'y faire) a enduré, combien de temps et sans anesthésie et bien j'ai envie de lui dire bravo Ma Gr.... heu... Ma Grande (?), bravo bravo bravo, t'es une championne.

Et pis ça n'est pas comme si tu nous avais pondu un petit bestiau tout violacé et fripé (je te rassure: on l'aurait aimé tout autant, même s'il avait eu le nez de son papa d'ailleurs), nan nan nan, ton Kyky il est tout beau tout mignon et puis quand même, il ressemble drôlement à sa maman ce boutchou avec sa petite main comme ça non?

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